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🏆 Session Novembre 2025
Concours d'accès aux CRMEF - Enseignement Secondaire
Royaume du Maroc | Épreuve de Spécialité : Langue et Littérature Françaises

Examen de Spécialité : Langue et Littérature Françaises

80QCM
(Q1-Q80)
20Coefficient
4hDurée
5Choix / QCM
(A – E)
19Pages au
total

Cette épreuve de spécialité pour le cycle secondaire (session Novembre 2025) comporte 80 QCM notés selon une pondération de 1 à 3 points. Elle évalue la profondeur de vos connaissances académiques. Grâce à ce module interactif de MonirPro, vous pouvez tester vos acquis sur le roman (Proust), la poésie (Baudelaire), le théâtre (Racine), la littérature maghrébine d'expression française et les sciences du langage, tout en bénéficiant d'une correction instantanée.

📚

Histoire Littéraire

Du Classicisme au Modernisme : Racine, Baudelaire, Proust et la Littérature Maghrébine d'expression française (Chraïbi, Choukri, Djebar, Khatibi).

✍️

Sciences du Langage

Énonciation (Benveniste, Ducrot), grammaire générative (Chomsky), sémantique formelle et analyse stylistique avancée.

« La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas. »

— Fernando Pessoa
Questions traitées : 0 / 80 Taux de complétion : 0%

Consignes et instructions importantes

مباراة ولوج سلك تأهيل أطر التدريس بالمراكز الجهوية لمهن التربية والتكوين:

مسلك تأهيل أساتذة التعليم الثانوي الإعدادي ومسلك تأهيل أساتذة التعليم الثانوي التأهيلي

دورة نونبر 2025

الموضوع

الاختبار: اختبار في مادة أو مواد التخصص
التخصص: اللغة الفرنسية
مدة الإنجاز: أربع ساعات
المعامل: 20
19 صفحة

📋 Consignes et instructions importantes

  1. L'épreuve comporte 80 QCM, de la question Q1 à la question Q80.
  2. Chaque QCM comporte 5 choix de réponses (A, B, C, D, E) dont une seule est juste.
  3. Le candidat/la candidate n'a le droit d'utiliser qu'une seule feuille réponse.
  4. Avec un stylo à bille (bleu ou noir), remplir sur la feuille réponse à l'intérieur de la case correspondant à chaque réponse choisie de la manière suivante : .
  5. Il est impossible de remplacer la feuille réponse initiale du/de la candidat(e) par une autre.
  6. Les questions seront notées selon une pondération allant de 1 point à 3 points et zéro (0) en cas d'absence de réponse.
  7. Une notation négative est appliquée pour chaque réponse fausse ou rejetée.
  8. Il est formellement INTERDIT d'utiliser le Blanco ou de faire des ratures sur la feuille réponse.
  9. La possession des téléphones mobiles, de tout appareil électronique intelligent et des documents papiers est strictement INTERDITE dans la salle de passation.
  10. Il est impératif de respecter toutes les règles ci-dessus sous peine de sanction.

Le roman — La madeleine de Proust

Marcel Proust, Du côté de chez Swann
Q1 → Q30

Ce passage marque l'un des moments fondateurs de l'œuvre : l'éveil de la mémoire involontaire, thème central du roman, déclenché ici par le goût d'une madeleine trempée dans le thé.

Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.

La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience.

Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.

Et dès que j'eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s'appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu'on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j'avais revu jusque-là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu'au soir et par tous les temps, la Place où on m'envoyait avant déjeuner, les rues où j'allais faire des courses, les chemins qu'on prenait si le temps était beau.

Et comme dans ce jeu où les Japonais s'amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d'eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s'étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l'église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.

PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-141.

La poésie — Correspondances

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal
Q36 → Q55
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal (1857).

Le théâtre — Phèdre

Acte I, Scène 3 — Jean Racine (1677)
Q56 → Q75
PHÈDRE

Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d'Égée
Sous les lois de l'hymen je m'étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue;
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler;
Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
D'un sang qu'elle poursuit tourments inévitables.
Par des vœux assidus je crus les détourner:
Je lui bâtis un temple, et pris soin de l'orner;
De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
D'un incurable amour remèdes impuissants!
En vain sur les autels ma main brûlait l'encens :
Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
J'adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
Même au pied des autels que je faisais fumer, [...]
Je l'évitais partout. Ô comble de misère !
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
Contre moi-même enfin j'osai me révolter:
J'excitai mon courage à le persécuter.
Pour bannir l'ennemi dont j'étais idolâtre,
J'affectai les chagrins d'une injuste marâtre;
Je pressai son exil, et mes cris éternels
L'arrachèrent du sein, et des bras paternels.
Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence;
Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
De son fatal hymen je cultivais les fruits.
Vaines précautions! Cruelle destinée !
Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
J'ai revu l'Ennemi que j'avais éloigné :
Ma blessure trop vive aussitôt a saigné. [...]

RACINE Jean, Phèdre, Acte I, scène 3, 1677.

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